• August Wilhelm von Schlegel to Auguste Louis de Staël-Holstein

  • Place of Dispatch: Bonn · Place of Destination: Unknown · Date: 22.01.1820
Edition Status: Single collated printed full text with registry labelling
    Metadata Concerning Header
  • Sender: August Wilhelm von Schlegel
  • Recipient: Auguste Louis de Staël-Holstein
  • Place of Dispatch: Bonn
  • Place of Destination: Unknown
  • Date: 22.01.1820
    Printed Text
  • Provider: Sächsische Landesbibliothek - Staats- und Universitätsbibliothek Dresden
  • OAI Id: 335973167
  • Bibliography: Krisenjahre der Frühromantik. Briefe aus dem Schlegelkreis. Hg. v. Josef Körner. Bd. 2. Der Texte zweite Hälfte. 1809‒1844. Bern u.a. ²1969, S. 352‒353.
  • Incipit: „Bonn 22 Janvier [18]20
    Mon cher Auguste,
    Il y a un temps infini que je nʼai rien eu de vous – cependant je [...]“
Bonn 22 Janvier [18]20
Mon cher Auguste,
Il y a un temps infini que je nʼai rien eu de vous – cependant je vous ai écrit bien des fois, et des lettres qui auroient dû me valoir une petite réponse. Ma déclaration concernant les anecdotes apocryphes a eu toute la publicité possible – beaucoup de redacteurs de gazettes lʼont insérée spontanément, soit en entier soit par extrait. Je ne puis que me louer de Mr Cotta qui y a ajouté une note en termes fort convenables. Mr le Comte de Solms lʼa fait insérer dans la gazette de Cologne. Enfin cela a produit son effet – je le vois entrʼautres par la fureur du débiteur de ces calomnies. Il mʼa fait une incartade violente dans les feuilles Rhénanes (Rheinische Blätter No 10. Jan. 16.) – je nʼai pas pu me procurer cette feuille pour vous lʼenvoyer, mais vous la trouverez peut-être à Paris. Il va sans dire quʼil nʼy a rien à repondre pour mon compte – mais je vaudrois savoir si vous jugez à propos de faire répondre encore quelque chose sur le fond, puisque Mr Lindner cite comme autorité un livre intitulé: Anecdotes sur la Cour et lʼintérieur de la famille de Napoléon Bonaparte. Londres chez Colburn 1817. Je ne puis pas vérifier cela, et je pense que cʼest superflu. Dans ces choses là il nʼexiste pas de preuves négatives – il faut sʼen rapporter aux témoignages, et je puis vous assurer que le public allemand ajoute foi au mien. Dʼailleurs jʼapprends que ce Mr Lindner est un fort mauvais sujet, que sous Bonaparte il a été espion des Français, peut-être espion des deux cotés, chassé de partout etc.
Jʼai expédié, il y a trois jours, de grandes dépêches pour Berlin – jusquʼà ce que jʼaye la réponse, ma situation est toujours en suspens. Cependant puisquʼon témoigne de la répugnance à accepter ma démission, il est possible quʼil se fasse un arrangement. Mon frere me donne de Vienne des nouvelles assez favorables sur lʼaspect général des choses.
Ne négligez pas, je vous en supplie, de me donner tous les renseignemens sur les types indiens de lʼimprimerie Royale. Faites-moi savoir aussi, combien de temps vous resterez à Paris. Du train que les choses vont, la session des chambres semble devoir se prolonger comme lʼannée passée – je présume donc que vous resterez, vous et les vôtres, fort avant dans le printemps.
Voici une lettre quʼun pauvre Suédois mʼa adressée – je vous prie de la lire et de voir si vous pouvez faire quelque chose pour lui. Mr Ekendahl sʼest déjà adressé à moi en Suède à la recommandation de votre mère. Mr de Stein lui a procuré un brevet dʼofficier dans la légion Anglo-Hanovrienne – à la paix il a quitté le service avec dʼhonorables témoignages – il a été instituteur dans ce pays-ci, mais malheureusement il a le cœur tendere – il sʼest marié sans avoir aucune ressource. Il a eu le projet de devenir Privatdozent dans cette université, mais il craint ne pas avoir toutes les connoissances requises pour faire ses preuves – dʼailleurs la promotion est encore une dépense considérable, et puis, cela ne lʼavanceroit guère si le gouvernement ne lui donnoit pas une petite pension, parce quʼil est douteux quʼil trouvât des auditeurs. Son extérieur nʼest pas favorable – il a de la lenteur et de lʼembarras – au reste je crois que cʼest un homme fort honnête et laborieux. Mais il ne sait pas se tirer des difficultés de la vie – je suis entré avec lui dans tous les détails – il ne veut absolument pas retourner dans sa patrie. Voyez si vous trouvez un moyen de le placer – je lui ai expliqué lʼextrème difficulté de la chose, mais jʼai voulu remplir ma promesse en vous communiquant sa lettre.
Mille tendres amitiés – dites bien des choses de ma part à vos amis qui semblent mʼoublier.
Bonn 22 Janvier [18]20
Mon cher Auguste,
Il y a un temps infini que je nʼai rien eu de vous – cependant je vous ai écrit bien des fois, et des lettres qui auroient dû me valoir une petite réponse. Ma déclaration concernant les anecdotes apocryphes a eu toute la publicité possible – beaucoup de redacteurs de gazettes lʼont insérée spontanément, soit en entier soit par extrait. Je ne puis que me louer de Mr Cotta qui y a ajouté une note en termes fort convenables. Mr le Comte de Solms lʼa fait insérer dans la gazette de Cologne. Enfin cela a produit son effet – je le vois entrʼautres par la fureur du débiteur de ces calomnies. Il mʼa fait une incartade violente dans les feuilles Rhénanes (Rheinische Blätter No 10. Jan. 16.) – je nʼai pas pu me procurer cette feuille pour vous lʼenvoyer, mais vous la trouverez peut-être à Paris. Il va sans dire quʼil nʼy a rien à repondre pour mon compte – mais je vaudrois savoir si vous jugez à propos de faire répondre encore quelque chose sur le fond, puisque Mr Lindner cite comme autorité un livre intitulé: Anecdotes sur la Cour et lʼintérieur de la famille de Napoléon Bonaparte. Londres chez Colburn 1817. Je ne puis pas vérifier cela, et je pense que cʼest superflu. Dans ces choses là il nʼexiste pas de preuves négatives – il faut sʼen rapporter aux témoignages, et je puis vous assurer que le public allemand ajoute foi au mien. Dʼailleurs jʼapprends que ce Mr Lindner est un fort mauvais sujet, que sous Bonaparte il a été espion des Français, peut-être espion des deux cotés, chassé de partout etc.
Jʼai expédié, il y a trois jours, de grandes dépêches pour Berlin – jusquʼà ce que jʼaye la réponse, ma situation est toujours en suspens. Cependant puisquʼon témoigne de la répugnance à accepter ma démission, il est possible quʼil se fasse un arrangement. Mon frere me donne de Vienne des nouvelles assez favorables sur lʼaspect général des choses.
Ne négligez pas, je vous en supplie, de me donner tous les renseignemens sur les types indiens de lʼimprimerie Royale. Faites-moi savoir aussi, combien de temps vous resterez à Paris. Du train que les choses vont, la session des chambres semble devoir se prolonger comme lʼannée passée – je présume donc que vous resterez, vous et les vôtres, fort avant dans le printemps.
Voici une lettre quʼun pauvre Suédois mʼa adressée – je vous prie de la lire et de voir si vous pouvez faire quelque chose pour lui. Mr Ekendahl sʼest déjà adressé à moi en Suède à la recommandation de votre mère. Mr de Stein lui a procuré un brevet dʼofficier dans la légion Anglo-Hanovrienne – à la paix il a quitté le service avec dʼhonorables témoignages – il a été instituteur dans ce pays-ci, mais malheureusement il a le cœur tendere – il sʼest marié sans avoir aucune ressource. Il a eu le projet de devenir Privatdozent dans cette université, mais il craint ne pas avoir toutes les connoissances requises pour faire ses preuves – dʼailleurs la promotion est encore une dépense considérable, et puis, cela ne lʼavanceroit guère si le gouvernement ne lui donnoit pas une petite pension, parce quʼil est douteux quʼil trouvât des auditeurs. Son extérieur nʼest pas favorable – il a de la lenteur et de lʼembarras – au reste je crois que cʼest un homme fort honnête et laborieux. Mais il ne sait pas se tirer des difficultés de la vie – je suis entré avec lui dans tous les détails – il ne veut absolument pas retourner dans sa patrie. Voyez si vous trouvez un moyen de le placer – je lui ai expliqué lʼextrème difficulté de la chose, mais jʼai voulu remplir ma promesse en vous communiquant sa lettre.
Mille tendres amitiés – dites bien des choses de ma part à vos amis qui semblent mʼoublier.
×
×